Diabète et dépression: une interaction fréquemment négligée

Isabelle Lafont

Médecine
Diabète et dépression: une interaction fréquemment négligée

De nombreuses études montrent que les personnes atteintes de diabète ont un risque significativement plus élevé de développer une dépression. En fait, les résultats de la recherche montrent que les diabétiques sont susceptibles de développer une dépression, environ deux fois plus élevée que chez l’homme sans diabète. Le « British Medical Journal » a rendu compte d’une enquête sur plus de 300 000 assurés avec le diagnostic de diabète sucré. En moins de six ans et demi, le diagnostic de dépression manifeste a également été posé chez 20% de ces patients. Le risque était particulièrement élevé à l’âge de 35 ans et le diabète immédiatement après le diagnostic.

Il existe trois facteurs d’influence centraux qui peuvent expliquer le risque accru:

Stress psychosocial par le diagnostic:
Le diagnostic du diabète entraîne un changement profond de leur vie pour de nombreuses personnes. Le diabète nécessite une attention constante: mesures de glycémie, injections d’insuline ou prendre des médicaments, des plans de nutrition stricts et des examens médicaux réguliers. Ces exigences quotidiennes peuvent entraîner un stress émotionnel considérable. Le sentiment d’être contrôlé par la maladie peut déclencher la frustration, la peur et enfin la dépression.

Maladies chroniques et stress psychologique:
Le diabète est une maladie chronique qui influence définitivement la vie quotidienne. L’examen constant des complications potentielles et la peur des conséquences à long terme telles que la cécité, l’insuffisance rénale ou les amputations peuvent être un stress psychologique significatif. Cela conduit souvent à un sentiment d’éclat et d’impuissance, ce qui augmente le risque de dépression.

Changements biochimiques dans le corps:
Il y a des indications que les changements biochimiques associés au diabète pourraient également avoir un impact direct sur la fonction cérébrale. Une augmentation de la glycémie augmente chronique peut favoriser les processus d’inflammation dans le corps, ce qui affecte également le cerveau et peut y déclencher des symptômes dépressifs. Il existe également des hypothèses selon lesquelles la résistance à l’insuline, qui joue un rôle, en particulier avec le diabète de type 2, peut entraîner des troubles du métabolisme du cerveau, ce qui augmente le risque de dépression.

Diabète et dépression, un cercle vicieux

La relation mutuelle entre le diabète et la dépression peut facilement devenir un cercle vicieux: les personnes atteintes de diabète souffrant de dépression ont souvent de plus grandes difficultés à gérer efficacement leur maladie. Les symptômes dépressifs tels que la sans-midi, la fatigue ou la sensation de désespoir peuvent conduire les personnes touchées à prendre leurs médicaments irrégulièrement, à effectuer de rares mesures de glycémie et à prêter moins d’attention à leur alimentation. Cela peut à son tour entraîner une détérioration du contrôle de la glycémie et augmenter le risque de complications liées au diabète. D’un autre côté, un mauvais contrôle de la glycémie peut même augmenter les symptômes dépressifs.

Traitement de la dépression chez les diabétiques

Le traitement de la dépression chez les diabétiques est donc tout aussi important que le traitement du diabète lui-même, car les deux maladies sont étroitement liées. Une combinaison d’approches psychothérapeutiques et médicamenteuses est actuellement la bonne façon.

Psychothérapie:
La thérapie cognitivo-comportementale (KVT) s’est avérée particulièrement efficace dans le traitement de la dépression. Il aide les personnes touchées à percer les schémas de pensée négative et à développer des stratégies pratiques afin de mieux gérer la vie quotidienne avec le diabète. Les programmes d’autogestion spécialement développés pour les diabétiques peuvent également aider à promouvoir l’acceptation de la maladie et à améliorer la manipulation de la maladie.

Traitement médicinal:
Les antidépresseurs peuvent être une option de traitement efficace dans une dépression sévère. Cependant, il est important que les médicaments soient prescrits en étroite consultation avec le médecin traitant pour éviter les interactions avec les médicaments liés au diabète.

Une approche multidisciplinaire est idéale pour un traitement réussi, dans lequel le médecin de famille, le diabétologue et le psychologue travaillent en étroite collaboration pour améliorer la santé physique et mentale.

Conclusion

Après le diagnostic du diabète, la dépression se produit plus souvent chez de nombreux patients. Une dépression non détectée ou non traitée peut détériorer le cours de la maladie et conduire à un cercle vicieux de mauvais contrôle de la glycémie et de stress émotionnel.

Il est donc important que les patients atteints de diabète soient régulièrement examinés pour les signes de dépression et traités tôt si nécessaire. Une coopération étroite entre différents domaines et le soutien psychothérapeutique peut aider à améliorer considérablement la qualité de vie et le cours de la maladie.


À la personne

Professeur Dr. Manfred Zehender est directeur médical du Max Grundig Klinik et l’un des principaux spécialistes du cœur en Allemagne.

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Isabelle Lafont

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