Comment le cerveau développe activement la résilience

Isabelle Lafont

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Comment le cerveau développe activement la résilience

Après un événement stressant, certaines personnes développent un trouble lié au stress. D’autres, en revanche, sont plus résilients. Une étude conjointe de l’Institut Leibniz pour la recherche sur la résilience (LIR), du Centre médical universitaire de Halle et de l’Université de Münster souligne que cette soi-disant résilience n’est pas un état de base rigide, mais est soumise à des changements actifs dans le cerveau. Les études sur l’homme et la souris ont mis en évidence pour la première fois le rôle particulier du centre visuel et suggèrent que la résilience va de pair avec un meilleur traitement de l’information visuelle. Elle semble également pouvoir être dressée.

« Une bonne santé mentale à long terme malgré des circonstances défavorables – c’est la résilience. Si nous comprenons mieux ses mécanismes, nous pourrions les promouvoir spécifiquement et développer de nouvelles stratégies de prévention et de thérapie pour les maladies mentales liées au stress », explique le professeur Oliver Tüscher, dernier auteur de l’étude, chef de groupe de travail associé au LIR et directeur de la clinique universitaire et de la polyclinique de psychiatrie, de psychothérapie et de psychosomatique du centre médical universitaire de Halle.

Le professeur Albrecht Stroh, co-dernier auteur de l’étude, chef de groupe de travail associé au LIR et neurophysiologiste à l’université de Münster, souligne : « La résilience est souvent évaluée en fonction du comportement d’une personne.

L’interaction entre les régions du cerveau est liée à la résilience

Afin d’examiner plus en détail les mécanismes de résilience, l’équipe de recherche a d’abord enregistré l’état psychologique de 103 participants et identifié leurs événements de vie stressants au cours des derniers mois. Une valeur de résilience individuelle pourrait être dérivée de ces données. Les sujets ont ensuite participé à des expériences approfondies au cours desquelles on leur a montré des images émotionnelles, suivies d’un test de contrôle comportemental visuel. Parallèlement, leur activité cérébrale a été analysée par électroencéphalographie (EEG).

Le résultat : des personnes plus résilientes ont réagi plus rapidement et ont commis moins d’erreurs dans les tâches. Dans leur cas, les régions du cerveau ont travaillé ensemble de manière plus structurée : lors de l’examen EEG, elles ont montré un contrôle plus fort de la part du lobe frontal, c’est-à-dire la partie avant du cerveau responsable du contrôle et des décisions. Ils avaient un meilleur contrôle cognitif sur le cortex visuel, responsable de la perception visuelle. Dans le même temps, l’activité du cortex visuel du cerveau était moins aléatoire et moins désordonnée.

Isabelle Lafont

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