Découverte d’une molécule clé dans la défense immunitaire contre les vers intestinaux

Isabelle Lafont

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Découverte d'une molécule clé dans la défense immunitaire contre les vers intestinaux

On estime qu’un quart de la population mondiale entre en contact avec des vers parasites au cours de sa vie, notamment dans les régions tropicales. Bien que l’on sache que l’organisme combat ces infections principalement via une réponse immunitaire dite de type 2, les processus exacts impliqués ne sont pas encore entièrement compris. Dans l’étude récemment publiée, des chercheurs de l’Institut Bernhard Nocht de médecine tropicale (BNITM) ont utilisé le nématode Strongyloides ratti comme modèle pour examiner ces processus plus en détail.

Les larves infectieuses de S. ratti vivent dans un sol humide et pénètrent d’abord dans le corps par la peau, migrent à travers les tissus jusqu’à la région de la tête, sont ensuite avalées et se transforment en vers adultes dans l’intestin grêle. Afin d’éliminer les vers de l’organisme, diverses cellules immunitaires deviennent actives : entre autres, les cellules immunitaires du système immunitaire inné, les « cellules lymphoïdes innées du groupe 2 » (ILC2), réagissent rapidement et activent les mastocytes via des substances messagères. Ceux-ci jouent un rôle central dans la défense intestinale contre les vers.

Focus sur la molécule de point de contrôle CD160

Le CD160 est une petite molécule de point de contrôle située à la surface de certaines cellules immunitaires qui fonctionne comme un interrupteur de commande. « De telles molécules de point de contrôle aident le système immunitaire à contrôler avec précision son activité. Ceci est important pour qu’il puisse combattre efficacement les agents pathogènes sans endommager son propre organisme », explique le Dr Lennart Heepmann, premier auteur de la publication et postdoctorant au sein du groupe de travail Helminth Immunology du BNITM. « Nous avons montré pour la première fois que CD160 se produit sur l’ILC2 dans l’intestin de la souris. »

Les chercheurs ont également pu montrer que les ILC2 se divisent en deux groupes fonctionnellement différents lors d’une infection par S. ratti. Un groupe a la molécule CD160 à sa surface. Ces cellules se multiplient rapidement, mais ne produisent que quelques substances messagères. Le deuxième groupe comprend ILC2 sans CD160. Ceux-ci produisent de grandes quantités d’importantes substances messagères de type 2, qui activent les mastocytes et déclenchent ainsi le rejet des vers dans l’intestin. Ce qui est crucial est que l’ILC2 CD160-positive puisse se convertir en ILC2 CD160-négative, productrice de messagers, au cours de la réaction immunitaire.

Isabelle Lafont

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