Mucomyrcose : les diagnostics moléculaires détectent plus rapidement les infections fongiques potentiellement mortelles

Isabelle Lafont

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Mucomyrcose : les diagnostics moléculaires détectent plus rapidement les infections fongiques potentiellement mortelles

Outre le traitement souvent complexe, le diagnostic difficile constitue l’un des défis majeurs de la prise en charge des mucormycoses. Les symptômes sont souvent peu spécifiques, les méthodes d’imagerie ne fournissent pas toujours une information claire et les méthodes classiques de détection microbiologique atteignent souvent leurs limites. Les cultures fongiques prennent du temps, restent régulièrement faussement négatives ou ne donnent des résultats que lorsque l’infection s’est déjà largement propagée. Les examens microscopiques ne sont pas non plus assez sensibles dans de nombreux cas.

« Malheureusement, bon nombre de ces infections ne sont souvent reconnues que tardivement, voire négligées », souligne l’interniste et infectiologue Jürgen Prattes de l’Université de médecine de Graz. Cela peut avoir des conséquences dramatiques, notamment dans le cas des mucormycoses : « Si le diagnostic ne peut pas être posé rapidement après l’infection, nous perdons un temps précieux et souvent des chances de succès du traitement. Surtout dans le cas des infections fongiques, le temps est synonyme de survie.

Dans le même temps, il apparaît de plus en plus clairement que le problème est plus grave qu’on ne le pensait auparavant. Les études font de plus en plus état de ce qu’on appelle des co-infections : des patients qui sont touchés non pas par un, mais par plusieurs types de champignons en même temps. La combinaison se produit particulièrement fréquemment Aspergille et Mucorales – une constellation particulièrement exigeante sur le plan thérapeutique et souvent méconnue dans la pratique clinique quotidienne.

Dans ce contexte, l’attention se tourne de plus en plus vers de nouvelles approches diagnostiques. Les méthodes moléculaires, en particulier le diagnostic PCR, permettent de détecter directement le matériel génétique des champignons : de manière rapide, hautement spécifique et nettement plus sensible que les méthodes conventionnelles. Connue grâce au diagnostic des virus, cette technologie trouve désormais également sa place en mycologie.

Isabelle Lafont

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