Thérapie de la tension artérielle pour les personnes très âgées : « Parfois, moins c’est en réalité plus »

Isabelle Lafont

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Thérapie de la tension artérielle pour les personnes très âgées : « Parfois, moins c'est en réalité plus »

Dans de bonnes conditions, une réduction progressive du traitement peut être sans danger

Athanase Bénétos

Plus de 1 000 résidents de maisons de retraite ont participé à l’étude. Ils ont été assignés au hasard à deux stratégies de traitement : tandis qu’un groupe poursuivait son traitement précédent contre la tension artérielle sans changement, l’autre groupe réduisait progressivement le traitement sous étroite surveillance médicale. Le résultat : il n’y avait aucune différence en termes de mortalité ou de complications cardiovasculaires graves sur une période de trois ans. « Dans de bonnes conditions, une réduction progressive du traitement peut être sûre », résume le professeur Benetos. Moins de médicaments pourraient également réduire les interactions et le stress des personnes concernées.

Pour Benetos, les résultats ne constituent pas une autorisation pour arrêter de prendre des médicaments antihypertenseurs de manière généralisée. Il s’agit plutôt de réévaluer régulièrement les bénéfices et les risques du traitement et d’adapter systématiquement les thérapies à la situation individuelle des personnes âgées. Des niveaux élevés de fragilité font partie de ces affections, car des études épidémiologiques antérieures suggèrent que les personnes âgées fragiles sont les plus sensibles aux effets secondaires du traitement antihypertenseur. De plus, la population examinée dans l’étude RETREAT-FRAIL présentait une pression artérielle systolique basse (PAS < 130 mmHg), ce qui est également associé à une mortalité plus élevée chez les personnes très âgées. En fin de compte, dans l'étude RETREAT-FRAIL, seuls les médicaments pour lesquels il n'existait aucune autre indication cardiovasculaire pour le patient concerné ont été réduits - selon un protocole clairement défini et sous surveillance médicale régulière.

« Les mêmes règles qui s’appliquent à la prescription de médicaments doivent également s’appliquer à leur arrêt », souligne l’ancien président de la Société européenne de gériatrie, la Société européenne de médecine gériatrique (EuGMS). Le gériatre y voit un changement de paradigme : l’accent ne doit pas être mis sur des valeurs cibles rigides, mais sur la situation de vie individuelle, la santé fonctionnelle et les objectifs thérapeutiques personnels des personnes âgées. « Notre étude ouvre une nouvelle fenêtre sur la question de savoir comment mieux traiter les personnes très âgées et fragiles », déclare Benetos. « Cela montre que parfois, moins peut être plus. »

Profil:

Le cardiologue et gériatre Prof. Dr. Athanase Benetos est professeur de gériatrie et de biologie du vieillissement au CHU de Nancy-Lorraine. En 2023, il a été élu à l’Académie nationale de médecine française. En tant qu’ancien président de la Société européenne de gériatrie, la Société européenne de médecine gériatrique (EuGMS), il est l’une des personnalités influentes de la médecine gériatrique européenne. Ses recherches portent sur le vieillissement vasculaire, la fragilité et le traitement de l’hypertension artérielle chez les personnes âgées. Avec plus de 430 publications scientifiques, il a joué un rôle clé dans l’élaboration de la recherche internationale dans ce domaine.

Société allemande de gériatrie

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